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KAFE POLITIKA – 11 ème édition : « Quel avenir pour Madagascar après le scrutin du 16 novembre ? »

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Durant le scrutin de l’élection présidentielle de 2023, un score de 58,95 % des suffrages exprimés au premier tour a assuré à l’ancien président de la République de Madagascar, Andry Nirina Rajoelina, la légitimité de son second mandat. Cependant, cette élection s’est déroulée dans un contexte tendu en raison de l’appel au boycott lancé par le collectif des 11 candidats, ce qui a entraîné un taux d’abstention historiquement élevé de 53,64 %, par rapport à un taux de participation tablant sur 46,36 %.

Afin de discuter du possible avenir de Madagascar à la suite du scrutin présidentiel, l’Institut d’Études Politiques de Madagascar (IEP) a organisé une 11ème édition du Kafé Politika, le 8 décembre dernier, avec deux intervenants de grosse-pointure. Deux personnages bien connus étaient au micro, à savoir Madame Gaëlle BORGIA, journaliste d’investigation et correspondante de presse pour e France 24 ou Arte, ainsi que le Professeur Solofo Randrianja, directeur de l’école doctorale de l’IEP Madagascar, dont les travaux se focalisent sur l’histoire de Madagascar.

Bien que cela puisse être source de frustration, la population craint de s’exprimer de peur de subir des répercussions ingérables, une réalité constatée dans de nombreux cas actuels dans le pays. Malgré l’approche terre-à-terre de Madame Gaëlle BORGIA, elle partage l’analyse de l’autre intervenant, même si celle-ci aborde un domaine un peu plus théorique que pratique

Le Professeur Solofo RANDRIANJA, adoptant une approche génétique pour comprendre la situation actuelle, analyse les crises successives à Madagascar en les reliant à un problème systémique hybride. Il souligne le conflit entre le concept de « fihavanana » ou citoyenneté malgache et les influences étrangères telles que la démocratie, la notion de développement, issues de la colonisation française et de la mondialisation. Selon lui, les crises récurrentes témoignent d’une quête de stabilité dans le pays en vue de son développement. Cependant, elles révèlent également une crise plus profonde enracinée dans le système hybride malgache, où aucun président n’a réussi à obtenir une légitimité sacrée.

Le Professeur RANDRIANJA souligne que le système hybride conduit à des pratiques malgaches considérées comme dépassées dans l’informel, avec une population partagée entre l’ignorance et l’instruction, cette dernière percevant le système libéral comme « la solution ». En réalité, il est nécessaire de trouver un juste milieu dans le système malgache, un processus qui demande du temps.

Malgré leurs approches légèrement différentes de la situation, tant Gaëlle BORGIA que le Professeur Solofo RANDRIANJA s’accordent sur la nécessité de développer l’éducation pour permettre l’émancipation de la société civile, des lanceurs d’alerte et d’autres acteurs sociaux. Ils soulignent que la clé de résolution de la crise réside dans la politisation de la jeunesse malgache.

RANDRIARIVELO Johanna L2 IEP Madagascar et RANDRIARIVELO Aurélie M1 IEP Madagascar